A.D.L.G.
ASSOCIATION DE DEFENSE DES LANDES GIRONDINES

Compte-rendu de la réunion organisée par l'ADLG (Association pour la Défense des Landes Girondines) le samedi 17 novembre à LOUCHATS.
Ce compte-rendu a été réalisé par Philippe Mora et Dominique Baude, présents à cette réunion dans le public et représentant
l'Avecicm-Environnement.
Guillos
Non à la décharge

Samedi soir il était bien difficile de trouver une place libre aux alentours de la salle des fêtes de Louchats, commune voisine de Guillos. Près de 250 personnes assistaient à la réunion organisée par l'ADLG (Association pour la Défense des Landes Girondines) et chaleureusement introduite par Philippe Carrère, maire de Louchats. Les Louchatais et les habitants des communes voisines étaient venus nombreux pour réaffirmer avec leurs élus leur opposition au projet de décharge Decons à Guillos et s'informer des démarches menées par leur association. La salle, bondée, était décorée de banderoles. " Nous n'accepterons pas que ce projet voie le jour, a déclaré le président Pierre Debussy, car il est objectivement dangereux pour notre santé et pour l'environnement. Nous sommes de plus en plus nombreux à nous y opposer et nous sommes tous soudés et solidaires ". Et de remercier les 2000 signataires de la pétition, ainsi que le soutien apporté par un nombre important d'associations (Aquitaine-Alternatives, la SEPANSO, le Parc Naturel Régional, l'ADEA, l'Avecicm-Environnement, SOS-Environnement-Lanton) et d'élus (Barsac, Cabanac, Captieux, Cérons, Hostens, Le Barp, Origne, Podensac, Saint-Léger de Balson, Saint-Michel de Rieufet, Saucats, Sauternes) ainsi que du président du Conseil Général Philippe Madrelle, du député François Deluga, du président de l'association des maires de Gironde Alain Juppé, du sénateur de Soulac Xavier Pintat.
Aux côtés de l'ADLG se tenaient les élus des communes proches de Guillos et opposés au projet, et qui forment avec les associations régionales le Comité de Soutien.
"Nous avons fait réaliser une étude par un expert en toxicologie, annonce
Françoise Ledru secrétaire de l'association. Les conclusions, remises dans un rapport écrit le 13 septembre, sont éloquentes : il n'y a aucune information sur la nature chimique des déchets qui, même s'ils seront non fermentescibles n'en seront pas moins instables, aucune information quant aux risques encourus sur la santé au niveau des poussières et des sols, des dangers par voie atmosphérique et alimentaire. "
"D'autres réserves ont été exprimées par la Commission d'Enquête Publique, explique P. Debussy. Les sols devant être imperméables à toute progression des lixiviats (jus de fermentations), le commissaire a demandé à ce que de nouvelles mesures géologiques soient effectuées. En effet les études actuelles montrent que le site n'est protégé par une couche d'argile que sur un tiers de sa superficie. Pour le commissaire enquêteur le projet ne pourrait de toute façon pas être validé actuellement par le Plan Départemental Déchets car celui-ci est en cours de révision. Il existe aussi des risques d'incendies pour la forêt proche. "
Marie-José Morlot, Maire d'Origne, fait état de la rencontre entre la préfecture et les nombreux représentants du Comité de Soutien de l'ADLG " Les services de l'Etat émettent de plus en plus d'avis défavorables sur le projet de décharge à Guillos. Leur décision finale ne sera pas prise avant janvier, nous a-t-on dit ". Voilà des propos certes rassurants, indique M. Dupiol, maire de St Symphorien et Conseiller général, " mais ne nous y trompons pas. Le langage administratif peut changer. Il faut rester vigilants et continuer à bien mettre en avant les risques sur la santé publique ". Propos confirmés par les remarques de
Michel Lacombe, maire de Balizac et de Etienne Dupin, maire de Landiras " il faudra bien qu'ils fassent quelque chose de ces déchets, méfions-nous qu'ils ne reviennent pas ici un peu plus tard. " Et Dominique Nicolas, président d'Aquitaine Alternatives d'appuyer en rappelant que " si l'enquête publique actuelle annule le projet, la préfecture peut très bien initier une nouvelle enquête publique dans quelque temps. Ces déchets, poursuit D. Nicolas peuvent très bien être traités par d'autres filières : cimenteries, démontage des véhicules avec recyclage des parties non métalliques afin d'éviter le broyage et la mise en décharge."
Quelqu'un dans la salle manifeste sa colère à propos des camions Decons : "je les connais bien, j'ai eu des rapports professionnels avec eux, il est fréquent qu'ils transportent des déchets qui ne sont pas autorisés. Je ne leur fais absolument pas confiance ! " Et le président Debussy de montrer un épais dossier contenant les infractions constatées à propos de cette société. Une habitante demande alors " pourquoi les pouvoirs publics continuent-ils à autoriser la société Decons à exploiter une partie de la décharge d'Audenge et même à présenter un nouveau projet de décharge ici alors que cette société est si souvent en infraction ? " La réponse tient peut-être dans le volet social, les pouvoirs publics n'ont pas envie de se trouver confrontés à la fermeture ce cette entreprise avec une vingtaine d'employés au chômage. Mais ajoute D. Nicolas, " les pouvoirs publics pratiquent aussi la politique de l'urgence, du dos au mur, sans réelle prévision de méthodes conformes à la législation et à notre santé ".
Philippe Mora, président de l'Avecicm-Environnement, a réaffirmé l'opposition de son association à " ce mauvais projet de décharge, comme serait également mauvais tout projet d'incinérateur pour transformer ces déchets en dioxines et mâchefers. "
Une réflexion plus large sur les déchets a été évoquée : les fabricants doivent concevoir des produits entièrement recyclables en fin de vie, les emballages doivent diminuer, le tri et le recyclage doivent progresser.
Cette réunion fort bien organisée et nourrie en applaudissements se prolongeait par un repas et une petite fête. Les 240 convives se sont restaurés au son de la musique animée par Jean-Pascal Leriche pour la Cornemuse landaise et l'accordéon, Jean-Luc Vinatier pour des chansons françaises et plusieurs groupes rock dont le groupe local des "Multiprises".

Contact ADLG : 05.56.25.76.26